jeudi 15 novembre 2007

Jeudi, jour de grève2

Lever fastoche ce matin, même pas fatiguée de la journée d'hier. Bon ok, les jambes un peu raquées, mais pas trop. Rendez-vous avec Élise à 13h, on va visiter le cimetière du Père Lachaise. À cause de la grève, il faut vraiment planifier ses déplacements, et encore, on a parfois des surprises...

À 13h je suis au métro Nation, notre point de rendez-vous. Élise arrive en retard, parce que pas de métro ou de bus de son côté. Elle a dû venir à pied! Bon, on se met en route, mais avant d'arriver on s'arrête dans un petit casse-croûte histoire de... casser la croûte. Paninis et jus de fruits, et c'est parti mon kiki! (...!)


On a visité le cimetière ("aventurières funéraires") qui est, ma foi, fort joli. Sympathique. Intéressant. Bucolique. ("Ça sent bon..." "Ça sent la mort!"). Pas mélancolique: plein de vie et de gens, de fleurs et d'arbres, et de charmants gros oiseaux noirs qui font kroâ-kroâ. Munies d'un plan des lieux sur lequel on avait encerclé les tombes qu'on voulait voir (un peu comme dans un musée, quand on se dit qu'on veut voir telle ou telle oeuvre), on a exploré les lieux: Musset, Chopin (photo tombe fleurie), Bernardin de St-Pierre (qu'on a longtemps cherché pour rire de lui, sans le trouver), Jim Morrison ("come on baby, light my fire", chantonnait-on, [un peu faux], ipod à l'oreille, comme de simili-vraies-groupies), Alphonse Daudet, La Fontaine et Molière (qui devaient être au même endroit, et qu'on a désespérément cherchés très longtemps, sans succès, malgré le "Je suis une guide de la mort!" d'Élyz), Paul Éluard, Oscar Wilde (dont la tombe est recouverte de baisers, traces de lèvres et mots d'amour) et finalement Proust (pour Élise et pour tout le monde en littérature sauf MOI qui n'ai toujours rien lu de lui...). Quelle incroyable visite! L'endoit est superbe pour s'y promener, se prête à des tas de jeux de mots louches (SoBe en bleu, Élise en orange), et on y fait toute sorte de découvertes drôles, comme cette statue au pantalon moulant ("Il est mort dans toute sa fermeté").


En ressortant du cimetière: "Hey! (pointant une tombe) Est-ce que tu penses que c'est LE Breton? (réflexion de sa part, haussement d'épaule de ma part) T'te façon, y'en a plein de Bretons en France." "Ouais, surtout en Bretagne..."
Une fois dehors: "T'as remarqué? Le cimetière est sur la rue du Repos! Haha!" "Ouais, et regarde, juste à côté, le bar-hôtel La Renaissance! Hahaha!"

Une fois sorties, on voulait aller aux Buttes Chaumont mais on a plutôt opté, puisque le soir tombait, pour les Tuileries et la rue de Rivoli, puis les vitrines de Noël des Galeries de La Fayette. J'ai souhaité qu'on descende du métro (une rame toutes les 15 minutes, ça allait!) à Concorde, parce que la vue, de nuit, en vaut TROP la peine. Je suis contente: Élise a été ravie! Imaginez le spectacle: on sort à la surface, la Tour Eiffel brille au loin devant nous, à droite les Champs Élysés s'étendent à perte de vue, en face on a l'Obélisque et une énorme fontaine illuminée, et la Grande Roue scintille de mille feux à gauche de la scène... et comme de vraies gamines surexcitées, on a décidé d'en faire un tour. En fait, on en a fait 5, et pour 8 euros, c'était bien le minimum...! La vue, de là-haut, est superbe. On voit le Louvre, on voit l'Arc de Triomphe, la Tour Eiffel, l'Obélisque, les Champs Élysés, les embouteillages monstre partout, c'est illuminé de tous bords, tous côtés, wow! Mais... il faisait froid, en hauteur!! Franchement, heureusement qu'on était bien habillées parce qu'aujourd'hui, c'était l'hiver!

En sortant de la Grande Roue, on a marché le long de l'Avenue des Champs Élysés. À un certain moment, on sort ma carte de Paris pour voir où aller prendre un métro fonctionnel, et on entend derrière nous: "J'en ai rien à foutre, des flics. Faut les écraser, les flics." On lève les yeux de notre carte pour voir passer à vélo une dame d'un certain âge couverte d'un chapeau mauve à large bord avec des paillettes... J'ai pas compris.

Et là... c'est là que ça a commencé à se compliquer. La dame devait être une jeteuse de mauvais sorts, parce que le reste de la soirée a été drôle... mais seulement parce qu'on ne voulait pas pleurer, je pense...!

On passe dans un souterrain qui nous annonce "Vers l'Arc de Triomphe". On se dit yeah! on va émerger sous le bâtiment! Ben... non. On fait juste ressortir complètement de l'autre côté. La vue est la même qu'avant qu'on traverse. Déception.

On veut prendre le métro, descendre faire un transfert à Roosevelt, puis partir vers La Fayette et ses vitrines de Noël. Sans réfléchir trop, on prend le métro, mais dans le mauvais sens. On s'en rend compte à la première station qu'on croise: Argentine (vous pouvez chercher sur la carte...). Début des problèmes (drôle). On sort du métro, maman m'appelle à ce moment, me demande où je suis, lui dit que je suis perdue en Argentine, elle ne comprend naturellement rien, s'énerve parce que je suis hilare et qu'elle ne m'entend pas bien parce qu'Élise et moi on court comme des débiles vers ce qu'on croit être la sortie... ce ne l'est pas... on repart à la course vers l'autre bout de la station, le tout sous le regard sans doute perplexe des gens qui attendent le métro en face... les gens d'en face qu'on veut rejoindre au plus sacrant parce que le métro ne passe pas souvent, et qu'il est attendu dans les deux prochaines minutes... et que finalement il est arrivé 7 minutes plus tard... bondé à craquer... on attend le suivant... 10 minutes... plein à exploser... Élise qui est aussi sur le bord d'exploser: "On est où, là? On est à Argentine. Y'a PERSONNE qui débarque du métro ici. C'est parce que PERSONNE veut être à Argentine!! Qu'est-ce qu'on fait ici??!"... 3e métro arrive, encore 10 minutes après, re-re-re-plein à craquer à exploser et les gens qui s'ostinent à entrer, quitte à perdre un pied dans la porte... Alors là, s'en est trop. On décide de prendre le métro dans l'autre sens (parce qu'on en voyait passer plusieurs, quasi-vides), de se rendre à la toute fin de la ligne, et là, ben de revenir dans le bon sens. Ce qu'on fait, avec succès. Et même là, à la toute première station, le wagon était tellement rempli de gens (à Argentine, les gens ont dû attendre sacrément longtemps...)! J'ai dû m'installer debout quasi entre les jambes d'un type assis, ce qui a donné lieu à des rires et quelques blagues, et à une conversation sur la bouffe québécoise et le Maroc pendant notre demie-heure de trajet commun. Sympa!

Finalement, on s'est retrouvé à l'air libre vers 21h30. On a perdu presque deux heures dans ce foutu métro, pour finalement n'aller nulle part (sauf à Argentine, et ça c'était PAS dans les plans). On a encore marché un bon moment, puis on a retrouvé Marie qui sortait d'un cours, et Élise et elle sont reparties ensemble.

Et moi? Moi, ben... dans l'espoir d'attraper un métro à Place d'Italie et de transférer à Montparnasse pour arriver à seulement 20 minutes de marche de chez moi, ben j'ai marché jusqu'à ladite Place d'Italie (environ 30 min) pour me faire dire qu'il n'y avait plus de métro. J'ai donc marché jusqu'à Tolbiac (5 minutes) pour constater que mon bus habituel ne circulait pas. J'étais à 1hre à pied de chez moi, il était 23h30, et je ne voulais vraiment, mais VRAIMENT plus marcher aujourd'hui. Après quelques pas découragés, j'ai vu une dame dans sa voiture, arrêtée à un feu route. Sans vraiment oser espérer, je lui demande où elle va, lui dit où j'habite, et, croyez-le où non, elle a fait un détour pour me reconduire jusque chez moi!! Presque une heure de marche évitée en 10 minutes de voiture!! Hourra pour cette incroyable dame que je n'oublierai jamais!

Et maintenant... au lit!

c'est beau, non? :)

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Trop marrant! J'espère que tu as reparlé à maman depuis, pour lui expliquer tout ça, parce qu'elle devait capoter!! J'espère que vous vous êtes amusées quand même et franchement, Paris la nuit, c'est vraiment très beau! En passant, c'est pas un peu dégeulasse d'embrasser une pierre tombale pleine de trucs étranges et dégueu... Si Élise a des bobo de bouches après, elle aura pas à se demander pourquoi!! (beuh...)