mercredi 14 novembre 2007

Parce que la vie est un film

Samedi: Une grève des transports? Les trains? Ça va toucher aussi le réseau de bus/métros de Paris? Ah ouin?... Hum... bon, c'est cool, on ne sera peut-être pas obligés de remettre notre dissert' mercredi si on est bloqués chez nous...!

Lundi: Bon, c'était peut-être une blague, on en entend pas parler nulle part, de la grève... note que ça m'arrange, ce serait chiant de perdre encore des jours de classe! Surtout que si c'est une grève reconductible, y'a de fortes chances que le trafic soit perturbé jeudi aussi, et on ne peut pas se permettre de perdre encore un jeudi! Depuis le début des cours j'ai eu juste trois ou quatre cours de jeudi...! Souhaitons que cette grève ne soit qu'une fausse rumeur... Et puis, ma dissert', j'ai hâte de m'en débarasser...

Mardi midi: Visite sur le site du RATP. Merde... "A la suite des préavis des Syndicats CFDT, CGT, FO, FSI, SUD et UNSA pour la journée du 14 novembre, la RATP prévoit un trafic très fortement perturbé sur l'ensemble de ses réseaux (Bus, Métro, RER et tramway). " PAS ENCORE!! Câliff, en plus faut que je me rende à la préfecture de police pour changer mon visa en titre de séjour (OUI, je suis en retard, JE SAIS!) et si je peux pas me rendre là-bas... il se passe quoi si mon visa expire et que j'ai pas de titre de séjour? On me fout dans le 1er avion pour le Québec? On m'emprisonne? Bon, ma dissert' ne sera sans doute pas à remettre demain, mais merdeeeee... on prend trop de retard, là, je pourrai jamais faire mes exams avant Noël?!

Mardi soir
: Haha!.... j'arrive à mon cours, et en montant l'escalier, je croise des gens qui descendent avec des tables. Moi pas comprendre, pas me poser de questions. J'arrive devant le local du cours, j'écoute les gens: moi tout comprendre. En AG, le blocage de l'Université a été voté (dans la plus grande absence de démocratie, si j'ai bien saisi). On a attendu que le prof arrive, ce qui ne s'est pas produit. Il a dû rester chez lui... On est repartis. Demain, grève des transports et blocage des portes. Je crois que, définitivement, je vais rester couchée.

Mardi soir encore: J'envoie un sms à Élise qui, en sa lointaine Aix-en-Provence, est aussi en grève, et je lui dit que si elle veut bien concrétiser le voyage à Paris dont elle me parlait au début de la semaine, et affronter la grève des transports, ben c'est plus que parfait, parce que je suis aussi en congés forcés au moins jusqu'à jeudi midi. Elle me répond en ces mots: "je m'en viens de suite! tu vas pouvoir me prêter du linge? Arrivée 22h. Je te rappelle! haha".

Mardi soir plus tard: Je travaillais sur ma dissert' (Petit Poucet vs Chat Botté) quand Élise me rappelle. "SOPHIE!! Je suis à PARIS!!" etc. etc., avec tout l'enthousiasme qui la caractérise. Me dit qu'elle attend des nouvelles de Marie, chez qui elle doit loger durant son séjour (parce que moi j'ai pas le droit d'accueillir des gens...), et que bon, on se voit demain!

Mardi soir encore plus tard... ou mercredi très tôt: Je suis en pyjama dans mon lit, à lire avec attention une passionnante nouvelle de Nathaniel Hawthorne "The Great Carbuncle". Élise m'envoie un sms: "Marie n'appelle pas!" Je rappelle Élise, j'apprends qu'elle est dans un café, que le vin chaud était bien bon, mais que là ben c'est la nuit et Élise a beau multiplier les sms et les coups de fil à Marie, celle-ci ne donne pas signe de vie. Je joue les chevaliers sans peurs et sans reproche: "OK! Tu te rends à la gare de Lyon, métro 14, direction Olympiades/Bibliothèque F.-M., c'est la seule ligne qui n'est pas en grève, et tu descends à Olympiades. Moi je saute dans un bus pour venir te rejoindre. On se rappelle!" (Bon, ça c'est très résumé, je suis pas si "James Bond" que ça...)

Mercredi matin... très tôt...: Il est environ 1h15 quand Élise apparaît enfin devant moi, station Vercingetorix. "SALUUUT!!". Elle est vraiment arrivée les mains vides: bien oui, pas le temps de retourner chez elle, Élise a sauté dans le dernier train avant le début de la grève, avec rien d'autre en mains que son cellulaire et un sac de plastoc avec des livres. C'est... incroyable! Vraiment un coup de tête, quoi! J'adore, trop drôle! On marche jusque chez moi, on discute, "MALADEEEE, on est à PARIS ensemble!!!" Arrivée devant chez moi, je re-précise que je ne suis pas supposée accueillir des gens, donc on fait le plus silencieux possible, et demain on gérera (anyway, normalement, ils partent travailler tôt, ça va!). J'improvise pour Élise un lit par terre (quelques couvertures empilées... zéro confort... mais j'ai rien d'autre!!). On discute tard tard (comme quand on était ados et qu'on invitait des copines à dormir, et qu'on potinait toute la nuit... sauf que là c'était plutôt des récits de voyages que des potins, ce qui est beaucoup mieux! [et bon ok, quelques potins aussi...]). Dodo vers 3hre du mat'.

Mercredi AM: Réveil. J'écoute un peu à la porte: j'entends pas de bruit. Parfait: personne! Hum... erreur... papa est dans la salle à manger, il travaille sur son portable. KwÂ?! Y travaille pas, lui? Et voilà fiston qui se pointe. Re-kwÂ?! Il est pas à l'internat, lui!? Bon, la présence d'Élise ne pourra pas passer inaperçue, finalement... suis obligée d'aller expliquer la situation à Monsieur le maître des lieux: "Ben c'est ça, elle avait déjà acheté son billet LONGTEMPS d'avance (!), sans savoir qu'il y aurait une grève des transports (!!) et là, ben elle s'est retrouvée dans l'impossibilité de se rendre en banlieue chez la fille qui devait l'héberger (ouais, Marie n'a juste pas compris qu'en fait, Élise partait NOW sur un coup de tête...!) alors voilà, j'ai accepté de l'héberger mais c'est JUSTE pour une nuit, là, elle repart ce matin, vouzinkiétépas!" Bon. Monsieur me fait la tête un peu, quelques reproches, mais comprend que c'est la faute de la grève, et ça passe. Ouf!

Mercredi presque midi: Élise prend une douche. C'est important de le préciser, parce que c'est drôle: Élise s'est transformée en MOI! Douchée avec mes produits, cheveux brossés avec ma brosse, sous-vêtue de mes sous-vêtures, habillée de mes habits, je me marre!! C'est loin de son habituel look coloré (bien qu'elle se soit approprié mon unique chandail un tantinet orangé), ça dépayse! Cependant... c'est toujours la même Élise, égale à elle-même: elle n'a eu besoin que de quelques instants pour dénicher, dans l'une des multiples bibliothèques de l'endroit, les poésies de Baudelaire, éditions de la Pléiade, qu'elle parcourt maintenant à plat ventre sur mon lit.

Résumé de la journée de mercredi: ... si j'ai
encore assez de forces pour l'écrire. Les bus étant totalement hors service dans mon quartier, nous sommes parties à pied, à midi, dans l'idée de trouver un coin sympa pour déjeuner. Nous avons marché jusqu'aux Invalides, en faisant un petit détour par les Champs de Mars histoire de voir la Tour Eiffel (excuse facile, mais en vérité le détour était imprévu: on était perdues!). Aux Invalides, on retrouve Marie, celle qui avait involontairement jeté Élise à la rue cette nuit, et on s'est baladées toutes les trois, à la recherche d'un resto. La marche de mon appart' aux Invalides a bien dû nous prendre une grosse heure, et nous ne nous sommes assises au resto que vers 15h00. On a donc beaucoup marché, de Convention à la Tour Eiffel, aux Invalides, à St-Germain-des-Prés, à Notre-Dame, puis à Châtelet, et on avait l'estomac dans les talons. Le repas (et la chaise sous nos fesses) ont été très appréciés.

Nous avons ensuite erré un peu dans le quartier, le temps de dénicher des tonne de cartes postales chouettes et de prendre des photos du Centre Pompidou (d'y entrer aussi, mais sans visiter, parce que... ça nous tentait moyen ce soir, je n'avais pas ma carte étudiant, c'était un peu cher.... Une autre fois, promis!), dont l'architecture est... renversante! Ça pique la curiosité, cet endroit! Faudra y revenir, c'est sur... Puis on est reparties vers Notre-Dame, parce que je voulais la voir de soir. C'est superbe. Si la façade est intéressante par ses multiples détails sculptés, les côtés et l'arrière de la cathédrale sont architecturalement (est-ce un vrai mot?) éblouissants. Et franchement, je suis épatée de la qualité des photos que peut prendre mon appareil, parfois.

Finalement, nous nous sommes promenées dans le quartier latin, en quête d'un petit endroit sympa où manger un dessert et boire un café. On est entré un peu par hasard dans le premier truc qui nous a attiré, et magie! le souhait d'Élise s'est réalisé: il y avait, pour animer l'endroit, un trio musicien qui nous ont joué du jazz une bonne partie de la soirée. On est resté longtemps dans le café, devant nos gaufres choco-noisette ou glace-chantilly, avec nos cafés au lait ou nos chocolat, à discuter de la vie en général, et de l'amour en particulier. Paris, c'est l'amour, qu'on a conclu.

Mercredi nuit... jeudi matin très tôt...: Voilà. C'est tout pour l'instant. Si je veux avoir des forces demain pour vivre encore d'autres merveilleuses aventures que je vous raconterai ensuite, faudrait que j'aille reposer mon corps épuisé. Tant que la grève des transports durera, mes pieds seront fort sollicités, mes Converse fort usés, et mon sommeil, plus que mérité!

Le caractéristique orange d'Élyz donne vie à cette photo que je trouve superbe

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Ahhhhhh que j'aime la vie que tu mènes actuellement ........ j'te jure ........... Mario et moi et nos copains ........ on veuuuuuttt alllllller à Paris et le voir comme tu l'as vu ......... avec tes grands yeux jeunes et émerveillés de tout ..... je veux tout refaire (ou presque.... pas sans métro) les trajets que tu as faits toi et tes copines pour prendre un ou des cafés et tout le tralala..... WOW !!!! Merrrrveilleux!!!! ALLLEGRIA (Danielle)

SoBe a dit…

Danielle!! Ça faisait une éternité que tu ne t'étais pas manifestée sur mon blog! Tu es toujours en vie??! Youppie!
Tu sais, il faut le faire, pour vrai, il faut venir à Paris. Et TOUT faire, tout voir, sans contraintes et sans soucis. Même la grève des transports c'est pas grave, parce que de toute façon c'est à pieds qu'on voit le mieux Paris. Et c'est beaucoup plus drôle de marcher et de se perdre sur les bords de la Seine que de prendre le métro et bêtement passer dessous...!
Je te souhaite de venir à Paris avec Mario et de faire le voyage que je fais, parce que c'est tellement merveilleux ce que je vis!
Je vous embrasse fort tous les deux, à bientôt!
xxxx