La journée d'aujourd'hui? Superbe, comme les précédentes.
Ce matin, c'était un peu boiteux. Faute de bus, j'ai marché pendant plus d'une heure pour me rendre à la préfecture de police sur la Cité Universitaire. Pas grave, le matin je suis pleine d'énergie, et en plus il faisait beau. En chemin, j'ai rencontré un sympathique personnage, Sébastien, la trentaine, compositeur de musique et chasseur de sons du monde. On a marché ensemble durant une vingtaine de minutes puisque notre destination était sensiblement la même. Une belle rencontre qui fait du bien.
À la préfecture, j'ai vécu mon plus gros stress à vie, un moment de pure panique où tous les pires scénarios ont défilé en un instant dans ma tête: je ne trouvais plus mon passeport. J'avais fait des photocopies de document avant de partir, et j'avais mon passeport à ce moment-là. Je me suis donc dit que logiquement, je l'avais sans doute laissé sur la photocopieuse, ou à côté. Je pleurais presque: de 1, j'étais désormais une sans-papiers, et de 2, j'avais marché tout ce temps pour rien (bon ok, j'avais quand même rencontré un type sympa). Je retournais mes poches et mon sac dans tous les sens, sans succès, jusqu'au tout dernier moment où j'allais m'abandonner aux larmes, et où mon passeport est apparu par magie entre deux papiers. Je n'ai JAMAIS éprouvé un tel soulagement. Vous ne pouvez même pas imaginer.
Finalement, tout cela aura été vain parce que j'avais tout les papiers requis pour l'obtention de mon titre de séjour, mais la preuve d'adresse de ma proprio datait de plus de trois mois. Cr* de cal* d'os* de paperasserie française...

Après c'était mieux, parce que j'ai rejoint Élise et Marie qui dînaient dans un petit café (Le Vieux Colombier) près de St-Sulpice, superbe église que j'ai revue avec plaisir. On a jeté en passant un oeil dans la Sacristie, et la dame qui y travaillait nous a pris en amitié et nous a expliqué l'histoire des belles boiseries de chêne qui ornent l'endroit. Elles furent commencées en 1730 et terminées en 1838 (à une ou deux années près... j'ai pas une bonne mémoire des dates), cent ans pour toutes les achever!! La dame a même ouvert pour nous quelques armoires secrètes, et on a vu où les prêtres rangeaient leurs robes et leurs livres, et on a même eu la chance de découvrir l'échelle secrète qui mène, par un passage ultra-étroit, à une petite mezzanine qui surplombe la Sacristie. Franchement, cette femme était géniale!
En ressortant, Élise n'a pu s'empêcher (comme elle le fait toujours) d'entrer dans une mignonne petite librairie. J'y ai trouvé un

agenda 2008 délicieux: le Petit Nicolas! Coup de foudre. Je m'offre un cadeau de Noël. On a aussi fait un détour pour voir le Café de Flore, où Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre avaient leurs habitudes, à l'époque où ils étaient vivants. Et le café ordinaire y coûtait

4 euros! Buh... Un peu après, Marie nous a quittées et Élise et moi sommes avons continué notre chemin vers le Louvre. On a pris quelques instants pour visiter l'Église St-Germain-des-Prés (que j'avais vue et adorée lors de la 1re visite, peu de temps après mon arrivée à Paris). Élise a aussi beaucoup aimé. C'est une toute petite église vraiment particulière, parce que les colonnes sont peintes. Il y en a des pourpre-rouge et d'autres bleu-vert, c'est très beau. Intime et chaleureux. "
Dis, pourquoi tu penses que le mur et les colonnes, là, sont décriss comme ça?" "
Ohhh!! T'as dit criss dans une église!!"
On a continué notre balade vers la Seine, et on a décidé de se gâter et d'entrer dans LA maison Ladurée, les meilleurs (et les plus chers) macarons de Paris. 1,30 euro la pièce de 2,5cm de diamètre... on n'en a pris que deux. C'était TELLEMENT bon!!! Bonheur.

Longeant la Seine, on a joué les touristes et on s'est acheté chacune un petit poster de Paris (moi, c'est une des gargouilles de Notre-Dame!).
Traversée du pont, où il y a des bancs enchâssés dans le muret pour s'assoir et admirer la vue. "
C'est tellement romantique, j'ai toujours voulu embrasser quelqu'un sur un de ces bancs!". On se regarde et spontanément, en même temps: "
Est-ce qu'on s'embrasse?" Haha!
On a marché jusqu'à une petite boulangerie, on a acheté une baguette et on s'est fait un pique-nique sur le bord des fontaines du Louvre. Pain, hummus et fromage, bon repas pour nous soutenir dans notre visite du Musée. On y entre à 18hres pour ne pas sortir avant la f

ermeture à 22hres, se dit-on. Le Destin contrecarre nos plans: à cause de la grève, exceptionnellement, ce soir le musée ferme à 20h30. Merde... Le temps de trouver un vestiaire, de faire pipi et d'enfin être prêtes, il était 18h30. On a eu deux petites heures pour faire le tour du musée, dont le 2e étage était fermé (toujours à cause de la grève), au grand dam d'Élise. N'empêche, on a eu le temps de voir beaucoup de salles (sculptures françaises et italiennes, la Victoire [pour mon plaisir quasi-amoureux], peintures italiennes et françaises, un peu d'Égypte ancienne quelque part là-dedans...) de s'exclamer devant un grand nombre d'œuvres (notamment celles de Delacroix), de se questionner sur le réel intérêt artistique des visiteurs du Louvre, et de se perdre plus souvent que de se retrouver ("
On est où, là, criss?" "
Ohh! t'as dit criss dans un musée!"). À la fin, quand on cherchait la
goddam sortie et qu'on ne la trouvait pas, je commençait à penser que le Louvre, c'est vraiment chiant. "
Est-ce que le Louvre c'est le plus grand musée du monde?" "
J'sais pas... mais le temps moyen d'une visite au Louvre est de 20 minutes, t'imagines?!" "
C'est fou... et tu te souviens, le film dont Thomas parle souvent... les gars qui ont parcouru toutes les salles du Louvre à la course, en 8 minutes?!" "
C'est IMPOSSIBLE!!" (etc. etc.). Le Louvre, c'est énoooorme! N'empêche, ça reste un musée TELLEMENT impressionnant!!

En ressortant, on a décidé d'aller prendre un café dans les environs. Café-amaretto pour Élise, café-grand marnier pour moi. C'était fort, et fort bon. On est restées pendant presque une heure et demie dans ce café, à discuter de tout et de rien, et à être vraiment bien.
Paris, avec Élise, c'est un autre Paris, plein de rires et de vie.
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