Je revenais de l'Université hier, j'étais allée faire approuver mon choix de cours pour Paris, et en rentrant chez Thomas (où j'habite en attendant mon départ), je vois un monsieur dehors, en train de travailler sur son terrain. Et FLASH! je me souviens de ce monsieur...
Un jour cet hiver... la plus grosse tempête de l'année s'abat sur Québec, il neige sans répit depuis des heures, tout est blanc et on ne voit pas à cinq mètres à la ronde. Thomas et moi devions partir pour l'Université, et moi je n'avais de chaussures que mes Converse de la veille - fort inappropriés dans la québécoise tempête qui faisait rage. On me prête une paire de grosses bottines - elles devaient bien peser 4kg chaque! - je m'emmitoufle dans mon long manteau de plumes d'oiseau, mon foulard me remonte jusqu'aux yeux et ma tuque descend jusqu'à mes sourcils. Mitaines aux mains, sac à l'épaule, je suis prête. Enfin... je le pense. Pour aller à l'Université, de chez mon copain, c'est 20 minutes de marche par beau temps. Avec la tempête, on prévoyait un peu plus d'une demie-heure. Mauvais calcul: on avançait à pas de tortue! Le vent charriait une neige froide et dure qui nous cinglait le visage, les yeux avaient peine à rester ouverts, on marchait tête baissée sans voir où on allait, parfois même je marchais de dos pour laisser un répit à mon visage. Après plus de dix minutes de souffrance dans cet enfer blanc, on avait parcouru moins d'un quart du trajet, et je voulais me laisser tomber dans un trou et pleurer. Les bottines, en plus, me déchiraient l'arrière du talon et chaque pas me faisait très très mal. Bon. On finit par émerger sur le bord de la route, après avoir traversé un simili-très-petit-sous-bois, quand quelqu'un nous interpelle. Un monsieur dans sa voiture. "Eh, venez ici!" Le monsieur nous explique qu'il nous voit souvent passer devant chez lui, et que ce matin, ça n'avait juste aucun sens, on ne pouvait pas continuer comme ça, il avait essayé de nous parler quand on était passé devant sa maison mais le vent était trop fort, alors il avait sauté dans sa voiture pour nous aborder au sortir du bois, et que là, il nous amenait à l'Université. Wow! Alors il nous a conduit jusqu'aux souterrains qui relient les pavillons, comme ça on a pu faire la fin du trajet au chaud sous terre!
C'est donc ce sympathique sexagénaire que j'ai vu arrangeant ses plates-bandes hier, et me remémorant tout ça, je lui ai fait un grand sourire, un signe de tête pour dire "merci". Et même si le monsieur ne m'a sans doute pas reconnue... moi, je suis contente de m'être souvenue de lui!
Affichage des articles dont le libellé est mes pensées vagabondent. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est mes pensées vagabondent. Afficher tous les articles
samedi 15 septembre 2007
Inscription à :
Articles (Atom)
