
J'ai déjà dit, au tout début de mon voyage Parisien, que je trouvais la Tour Eiffel moche. Néanmoins, ce grand truc métallique, s'il n'est pas particulièrement beau de jour, est impressionnant par sa taille incroyable, franchement sympathique de nuit lorsqu'il est éclairé, et terriblement merveilleux aux heures fixes quand il scintille de toute la force de ses milliers d'étoiles.
J'ai ici un extrait de 1887 tiré du journal
Le Temps où les artistes les plus connus de l'époque, dans un article intitulé "Protestation des artistes", s'expriment ainsi:

«
Nous venons, écrivains, peintres, sculpteurs, architectes, amateurs passionnés de la beauté jusqu'ici intacte de Paris, protester de toutes nos forces, de toute notre indignation, au nom du goût Français méconnu, au nom de l'art et l'histoire Française menacés, contre l'érection, en plein coeur de notre capitale, de l'inutile et monstrueuse tour Eiffel que la malignité publique, souvent empreinte de bon sens et d'esprit de justice, a déjà baptisé du nom de Tour de Babel. (…) Car la tour Eiffel, dont la commerciale Amérique ne voudrait pas, c'est, n'en doutez pas, le déshonneur de Paris ! Chacun le sait, chacun le dit, chacun s'en afflige profondément, et nous ne sommes qu'un faible écho de l'opinion universelle et légitimement alarmée. Enfin, lorsque les étrangers viendront visiter notre exposition, ils s'écrieront étonnés : « Quoi ! C'est cette horreur que les Français ont trouvée pour nous donner une idée de leur goût si vanté ? » (http://www.19e.org/documents/culture/toureiffel/7.htm pour le texte complet).
Ont signé cette protestation: Ernest Meissonnier, Léon Bonnat, William Bouguereau, le compositeur Charles Gounod, les auteurs dramatiques Édouard Pailleron, Victorien Sardou, l' architecte Charles Garnier, les poètes et écrivains François Copée, Guy de Maupassant, Paul Verlaine, et Alexandre Dumas Fils.
Samedi, en fin d'après-midi, je suis montée au sommet de la Tour Eiffel. J'y suis restée jusqu'à la tombée de la nuit. En haut, au soleil couchant... la Seine qui scintille... c'est beau, Paris...!
vue du 2e étage de la tour, hauteur 115 m.Dimanche, j'ai profité de la pluie pour aller visiter le Musée d'Orsay. Quelle excellente occupation pour un dimanche pluvieux, me suis-je dit. Malheureusement, j'avais oublié que le premier dimanche de chaque mois, tous les musées sont gratuits pour tous. Donc beaucoup de gens. Donc file d'attente gigantesque. Donc dehors. Donc sous la pluie. Pendant presque une heure. Pendant cette attente, j'ai bouffé des olives achetées le matin au marché et j'ai discuté avec une drôle de dame. Je ne saurais la décrire... fin quarantaine, manteau jaune, capuche transparente sur la tête, maquillage un peu trop voyant. Repousse grise légèrement visible sous ses cheveux auburn. De grands yeux obsédés qui me fixent. Obsédée de quoi, je ne saurais le dire, mais c'est l'impression que j'ai eue. Toujours est-il que nous avons finalement visité le musée ensemble (à mon grand dam, je n'ai pas réussi à la semer dans les couloirs).
JE N'AI PAS TRIPPÉ. Étonnamment. J'y repense et je me dis: "Mais quel sublime musée!" et pourtant... pourtant... j'sais pas. Je regarde les photos que j'ai prises et je fais "Wow! c'était vraiment de superbes oeuvres!" et pourtant... ce devait être à cause de ma compagne non-désirée.... Merde. J'y retournerai!
N'empêche, quatre oeuvres m'ont vraiment accrochée quand je les ai vues:

L'Énigme, de Gustave Doré, qui est vraiment... énigmatique, noire et tragique, mais superbe. Ici, un détail de la toile, mais cherchez sur internet pour la voir en entier. Je n'arrive pas à la comprendre... Ce champ de bataille où tout n'est que mort et fumée, les couleurs si uniformément grises, et au centre, cet ange désespéré qui semble implorer le sphinx... l'implorer de quoi?

La paye des moissonneurs, de Lhermitte, est vraiment (mais vraiment) réaliste, tellement que c'est justement ça qui m'a attiré. Toute cette vérité, cette scène peinte plus vraie que nature, comme si le peintre était voyeur... Je ne sais pas. Ça m'a frappée.

Cette statue qui est la première œuvre à m'avoir intéressée dans le musée... et je n'ai pas pensé du tout à noter son nom. Mais j'ai relevé l'inscription sur le socle: "
Un vaisseau la portait aux bords de Camarine. Là, l'hymen, les chansons,
les flûtes, lentement, devaient la reconduire au seuil de son amant." Elle est belle, non? Et je joins en photo cette autre sculpture,
Abel mort, qui lui ressemble étonnamment. C'est peut-être le même artiste? Les deux personnages sont si beaux...
Finalement, une très belle toile de Van Gogh, que je connaissais pour l'avoir vue en fond d'écran sur l'ordi de Thomas, m'a vraiment impressionnée. Beaucoup plû.
La nuit étoilée, Arles, est encore plus belle dans un musée que sous un icône style "poste de travail".


Après, en début de soirée, je suis allée à une audition d'orgue à Notre-Dame. Je n'ai vraiment compris ce que je faisais là qu'au moment où l'orgue a semblé exploser dans un déluge de notes profondes, intenses. J'ai passé une heure magique, les yeux fermés, des frissons remontant en continu le long de ma colonne vertébrale jusqu'à se perdre dans ma nuque. J'étais profondément bien. Le froid ambiant de la cathédrale, me contraignant à cacher mon menton dans mon foulard, donnait une dimension encore plus... sincère, presque mystique, à cette incroyable expérience. J'aurais voulu que ça ne s'arrête jamais...
Et, de bonheur, je suis restée assise sur ma petite chaise de rotin pour un autre deux heures et demie. J'ai assisté aux vêpres, puis à la messe donnée par le tout nouveau Cardinal, André vingt-trois, pour ne ressortir de là que vers 20h00. Et la scène était superbe, apocalyptique, en ressortant de la cathédrale: une procession de servants de messe, diacres, prêtes, séminaristes, le Cardinal, et tout le bataclan, défilent pendant près de 3 minutes, les portes centrales sont ouvertes, et dehors, le ciel laisse tomber des trombes d'eau, et le vent, totalement déchaîné, secoue dans tous les sens l'immense sapin de Noël installé sur le parvis de la cathédrale. Magnifique.
Je suis rentrée chez moi mouillée... Mais quelle excellente soirée!
4 commentaires:
Si on pouvait remonter dans le temps et s télétransporter, j'aurais tellement aimé passer cette journée avec toi!
Ici, 50 cm de neige et des congères grosses comme des autobus (je ne ment pas!)
xxx
Je dois avouer que je trouve bien drôle (hihi!) de cliquer sur mon raccourci "météo Québec" le matin, après avoir cliqué sur celui "météo Paris". Tu sais qu'il y a quelques jours, on avait à peu près exactement 30 degrés de différence? Comme dit Thomas, "c'est un assez grand écart pour permettre à deux peuples de se développer différemment!" Bon, peut-être pas en quelques semaines... je vais être pareille, à mon retour... mais quand même!
J'aimerais bien que quelques personnes, dont toi, prennent le temps de se télétransporter à mes côtés... ce serait tellement l'fun!! Surtout qu'étant en grève depuis bientôt un mois, je commence à trouver le temps long... m'enfin.
Gros becs, bonne semaine, bonne chance avec les méchants examens bouffeurs de sommeil!
xxx
wow elle est tres jolie sobe devant la touréfelle :)
Shicklett de mon coeur, tu es une adorable nouille!
JE T'AIME!!
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