jeudi 29 novembre 2007

Vive la France

Je me lève, je jette un coup d'œil à la météo sur le site web que j'ai choisi au hasard pour remplir ce sérieux office.

Ce site est tout sauf neutre et détaché... aperçu pour dimanche:

"Journée épouvantable - beaucoup de pluie et surtout des vents très forts (rafales à plus de 100km/h possibles l'après-midi)"

Il pourrait aussi ajouter: "je ne sais pas pour vous, mais moi je vais rester sous la couette!"

Moi aussi, je vais y rester, tiens. Le temps froid et humide ne me plaît guère. Et puis, avec la grève des facs qui dure toujours (et semble ne jamais devoir cesser), je suis de plus en plus portée à faire la grasse matinée...!

***

Ce matin, contrairement à ma nouvelle habitude, je me suis levée très tôt: je devais être à 8h30 à la préfecture de police pour l'obtention de mon titre de séjour. C'est un peu n'importe quoi parce que mon visa est valable 3 mois, et que je reste en France trois mois et 3 jours... Enfin, je me suis dit qu'il valait mieux être 100% légale, donc faire toutes les démarches, trouver tous les papiers, faire venir par la poste mon acte de naissance, tout photocopier, aller à la préfecture, me faire revirer de bord pour une facture d'électricité plus vieille que 3 mois, revenir, re-photocopie de nouveaux papiers, file d'attente, présenter dossier, re-photocopies, attente, prendre rendez-vous pour un examen médical (le 8 janvier, quand je serai de retour au Québec...), pour finalement obtenir un répicité... ricitissé... repétissé... récépissé machin valable jusqu'à la fin février. Et le titre de séjour comme tel ne me sera jamais délivré parce que je n'aurai jamais passé l'examen médical. C'est n'importe quoi...

EN PLUS, les filles (jeunes et jolies, cool attitude) qui s'occupent des dossiers perdent vraiment leur temps (et le nôtre): alors que j'attendais impatiemment mon tour (après une heure, commence à en avoir marre), j'en vois une qui sort un flacon de parfum, s'en met, fait un signe à une collègue, lui en met, l'autre aime pas l'odeur, discussion, ça en attire une 3e qui vient voir, on lui demande son avis, elle hésite, un mec et une autre madame se joignent à la discussion, et les voilà tous à se sniffer les poignets en faisant des moues hésitantes ou approbatrices selon le nez, pendant que nous, bêtement, on attend simplement d'avoir le droit de résider en France sans se faire foutre dehors au premier contrôle de papiers. NON MAIS?! C'est une blague? Y'a une caméra cachée quelque part, genre pour voir qui craquera le premier entre l'explosive Russe à ma droite, la bande de japonaises surexcitées derrière, l'Arménien et moi?

Arrivée à 8h25, je suis ressortie de ce local maudit (qui empestait finalement le parfum) à 10h10. Pour aller voter à l'Université pour/contre (selon le point de vue) une phrase mal formulée qui ne changera rien au déroulement de la grève et du blocage, m'a-t-on appris à la porte du bureau de scrutin. "En AG, demain, on va revoter la grève si jamais le Président réussi à la faire cesser avec son scrutin", me dit monsieur "dernier-rempart-pro-grève-avant-la-porte". M'enfin. Je crois que ma session est fichue anyway...

"Et en plus il pleut", chante Anaïs dans ma tête.

***

Dernier truc... ça fait très "film américain" ou "journal de Montréal", n'empêche, c'est réel et c'est frappant. Allez voir ce lien (http://www.lepost.fr/article/2007/11/29/1060134_le-directeur-
de-sciences-po-grenoble-attaque-les-grevistes-a-coups-de-poubelle.
html) et le vidéo à la fin de l'article. Elle est belle, la grève étudiante...

5 commentaires:

Anonyme a dit…

Bonjour Sophie

haha, tu pensais surement que j'avais arrêté de lire tes passionnantes chroniques. Et non, je suis toujours au rendez-vous.Je laissais pas de commentaire parce que j'avais rien à dire et comme je suis ma politique qui consiste en "Ben, si tu sais pas quoi dire, ben ferme ta yeule" ( les deux bens sont ben important) Je suis restée muette.
Bon dans le fond, j'ai encore pas grand chose à dire, mais je veux te souhaiter une bonne fin de voyage. Et comme il y beaucoup plus de voyage que d'étude dans ton voyage/étude, je suis sure qu'il te reste encore une ou deux aventures extraordinaires à vivre.

Bye bye Plein de gros bisous tout mouillés.

Lydia
Je vois que le gens en science po sont aussi cinglés en France qu'ici. Mais quand même, le directeur de science po est probablement un ancien étudiant lui-même, quelle trahison. Est-ce que tu vas te mettre à lancer des poubelles toi aussi ???

SoBe a dit…

Je m'entraîne, je m'entraîne!! Mais j'ai pas encore tout à fait la bonne twist d'épaule... et mon poignet est un peu faible... MAIS j'y arriverai! Faut ben que Paris fasse de moi une révolutionnaire aussi... y'a pas de raison que Lydia soit la seule Guevarra de l'hôtel, tsé!

héhé! J'aspire à la veste, moi aussi!

Anonyme a dit…

D'accord ma Sophie Zapata, si tu devient le commandant en charge de mon armée de lanceur de poubelle, je te laissa ma veste une journée par semaine.

Anonyme a dit…

j'ai honte j'ai écris devient avec un t....

SoBe a dit…

mais... tu viens de le ré-écrire avec un "t"!!!

Mausus... les révolutionnaires, de nos jours, c'est pas grâce à leur français qu'ils ont eu leur diplôme, faut croire...

Je m'entraîne, là, pour la veste!! Est-ce qu'en prime, elle vient avec ton odeur dessus!?

(coquine que je suis!)