samedi 17 novembre 2007

La Folle Journée

OUI JE SAIS. Vous m'en voulez tous à mort parce que je publie plus vite que vous ne lisez, et même plus vite que mon ombre. Mais que voulez vous! Ma vie est TELLEMENT incroyable, et c'est même pas des blagues!

Il est 1h du matin. Vous savez quoi? Je viens tout juste de rentrer chez moi. Une vingtaine de minutes à pied dans un quartier louche et un peu crade que je ne connaissais pas, après un bout de chemin en taxi avec trois étrangers rencontrés à l'arrêt de bus, après avoir raté le métro après avoir attendu en vain le bus 95 pendant trop longtemps. Le tout au sortir de la Comédie Française.

Lustre (il est énorme!) et plafond de la salle

C'est pas intéressant, tout ça?! LA COMÉDIE FRANÇAISE, les copains!! Je peux m'exclamer un instant? Vous acceptez un bref délire "lettres majuscules/points d'exclamation"? OK! Avec Élise et Marie, on est allé à la Comédie Française voir Le Mariage de Figaro.

[...]

Merde pour mon désir d'exclamation, j'y repense et je suis sans voix/mots. C'était... l'ambiance... le magique du lieu... le lustre au plafond... le scénario si brillant... les comédiens si talentueux, si gracieux, si vivants... la salle vue d'en haut... les 7 ou 8 ou 9 rappels à la fin de la pièce... les mains qui ont mal à force d'applaudir, mais le sourire fendu jusqu'aux oreilles, les yeux brillants de plaisir et d'émotion... Mais comment vous faire comprendre tout ça? La pièce mérite, sur scène, son titre de "Folle journée". C'est un délire, une merveille, on dirait une pièce contemporaine tellement c'est éclaté, mais l'ambiance! le texte! les courbettes et les monologues! L'exubérance de Figaro! La vivacité de Suzanne! Le dépit et l'incompréhension constantes du Comte! La maladresse et la fougue amoureuse de Chérubin!

Ffffff.

Un régal. J'ai rit aux larmes, j'ai été envoûtée, les 3 heures (avec entracte) de la pièce ont filé si rapidement... J'ai assisté à de nombreux spectacles, mais je crois que jamais un ne m'aura autant plu. Pour la Comédie Française en elle-même, pour l'idée de "voir une pièce de théâtre à Paris", pour la compagnie d'Élise qui a aimé le spectacle au moins autant que moi, pour le no-stress de toute cette aventure, les billets de dernière minute à 5 euros, pas bien situés au début mais qu'on a rapidement changé pour de meilleurs sièges...

Je ne sais pas quoi dire. Je ne suis pas critique théâtrale alors je ne peux que tenter de transmettre mes émotions, et encore, je n'y arrive pas assez bien. Il faut l'avoir vécu. C'était une superbe conclusion à cette journée.

Élise devant le mur des "Je t'aime"

La journée, brièvement: En début d'après-midi, j'ai retrouvé Élise et Marie et un copain de Marie devant le Moulin Rouge, point de départ de notre journée. On est partis se balader, on a traversé la Place des Abbesses ("Vous verserez sans doute une larme / au rendez-vous Place des Abbesses / Chaque chose a droit à sa dose de charme / même un endroit comme ça.", puis pris le Funniculaire pour monter au Sacré-Coeur. On est restés assis sur les marches devant la basilique, un duo voix/tam-tam derrière nous, Paris à perte de vue devant, le soleil chaud de mi-PM sur nous, pendant une demie-heure. Bonheur. On a ensuite visité le Sacré-Coeur rapidement, admiré les étranges vitraux, puis on est partis dans la partie plus reculée de Montmartre, qui ressemble beaucoup au Vieux-Québec. On a déniché le cabaret du Lapin Agile que j'avais cherché avec Guy un mois plus tôt, là où Picasso, entre autres, se rendait parfois, on a vu le Passe-Muraille de Marcel Aymé, la place Dalida (même si ça, on s'en fichait un peu), et on est revenus au Moulin Rouge, en passant par la place de St-Ouen ("Ça me fait tout le temps penser à Jacques le Fataliste, ce nom-là" "Le Chevalier de St-Ouen..." "Ah! le salaud!" "Ceux-là je les appellerai les salauds"), et on est allés dans un petit café en face, le Palmier, où on a payé affreusement cher pour des cafés pas très bons. Et c'est en sortant de là que nous avons dirigé nos pas vers la Comédie Française. On a fait la queue une petite heure pour avoir nos places, pour finalement passer une incroyable soirée.

Vue de la fenêtre du Palmier

L'actuelle grève des transports ("sot évènement qui me dérange", dirait le Comte), en usant nos semelles, ne nous permet finalement que d'apprécier davantage Paris, en profondeur, lentement mais sûrement!

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Moi je t'en veux pas! J'adore lire tes aventures et voir que tu as autant de plaisir (Élise a l'air d'une fille vraiment chouette), mais en même temps j'suis JALOUSE!!! Tout à l'air trop facile, pas besoin de se soucier de quoi que ce soit...j'suis en train de penser que j'aimerais bien être en grève aussi, ça semble très chouette!! Mais bon tant mieux, profite en, amuse toi =) et gros bisoux!!

Anonyme a dit…

Je confirme les dires et les impressions : Élise est une fille vraiment chouette. Tellement que ça pourrait cacher quelque chose. Je trouve ça louche moi, cette "revue littéraire" ;-P.
(Au fait, mes deux propositions pour son titre sont : 1) Qu'est ce qu'une madeleine? (en "réponse" au _Qu'est ce que la litt.?_ de Sartre et du _Qu'est ce que le cinéma?_ d'André Bazin (qui, d'ailleurs, était lui aussi une réponse au bouquin de JP)) ; 2) _La règle du jeu_ (hommage au meilleur film de tous les temps (bon, bon, bon... r'gardes l'autre!), le film de Jean Renoir, portant à la lettre le même titre) ; et puis pourquoi pas, en voilà un troisième : 3) _Les caprices de Madeleine_ (non je n'ai pas une fixation pour les Madeleines, vivantes ou non. C'est plutôt un double clin-d'oeil (vive la réflexivité). D'abord à Musset et puis à Proust.))


Le cabaret artistique "au Lapin Agile"... : comme quoi le ridicule ne tue pas!
Et fait de l'argent en plus. L'emmerdeur.
À quand le musée de danse moderne de Montréal "le castor dégourdi".
Parlant de nom marrant, je me permet de citer François Pérusse, avec son : bar à chansons "le carcajou puant".
Marrant? Marrant!


Il se fait tard.
"Je suis en retard. Très très en retard." Comme dirait l'autre lapin.

Keep on the good work.

Tom
xxx