samedi 15 décembre 2007

Récital pour piano et fantasmes

Vendredi soir, cherchant à voir les prix pour les représentations de La Cantatrice chauve et de La Leçon (Ionesco) au théâtre de La Huchette (où ces deux pièces jouent sans interruption depuis leur création en 1957!), je suis tombée sur la publicité d'un one man show à l'affiche au même théâtre pour quatre samedi seulement. "Récital pour piano et fantasmes" m'a intriguée. J'ai contacté la billetterie dès son ouverture, hier soir, pour apprendre qu'il restait quelques places pour la représentation du même soir. Sans rien savoir du spectacle, sans avoir lu aucune critique, j'ai tenté le coup et je suis allée m'imprégner de l'ambiance du quartier St-Michel et du lilliputien théâtre de La Huchette.

L'humoriste est un sympathique personnage dans la quarantaine dénommé Jeff Chiche. Le théâtre de La Huchette est une des plus petites salles de Paris (70 places?). Le spectacle se fait donc dans un esprit de camaraderie où le public interagit avec le comédien pour "créer" ensemble un spectacle tout à fait agréable où une sorte de complicité s'établit rapidement: des surnoms sont donnés aux bavards, les ouvreuses de la salle se retrouvent personnages d'une histoire inventée live, une demoiselle est remarquée pour son décolletée (mais elle est "protégée" par son copain à l'air faussement méchant, et Chiche se retient donc jusqu'à la toute fin, où il se décide à descendre dans la salle pour l'embrasser sur la joue!), etc.

Récital pour piano et fantasme nous présente un Jeff Chiche dragueur-nostalgique qui, de fil en aiguille, oublie son piano pour se remémorer ses aventures amoureuses. Il s'amuse sur scène à prendre différents tons de voix selon le "séducteur" qu'il incarne (l'aventurier, le sportif, le macho, le gars à la grosse moto, le gentil...) et se plait à "bruiter" tout ce qu'il décrit (les mouches, le petit scooter, les pales de l'avion six cylindres (ah non, 4 [bah, ça vole quand même!]... 3... 2 [euh... ça va!], 1... BANG!... zéro... [mais atterrissage en douceur, c'est pas n'importe qui, Jeff Chiche!])), allant même jusqu'à chanter le vinyle qui grinche et le CD qui saute, pour ensuite chanter acapella! Bref, un bon deux heures de rigolades (même si parfois, quelques blagues françaises m'échappaient, je riais quand même parce que tout le monde riait... et aussi parce que l'atmosphère était particulièrement drôle et agréable). À la toute fin, enfin, Chiche parvient à s'assoir au piano et à jouer son morceau sans qu'un souvenir lubrique ne le fasse bondir de son banc. Stupeur dans la salle: le type sait réellement jouer, et bien, en plus! L'étonnement fait chuchoter une femme à son voisin: "C'est vraiment lui qui joue!?", chuchotement entendu par toute l'assistance, comme bouche bée devant le "miracle", qui éclate alors de rire. Le pianiste termine son morceau sous un tonnerre d'applaudissements.

***

Je retourne à Notre-Dame ce soir pour une autre audition d'orgue...!

Organiste: Jean-Luc THELLIN, Eglise St. Nicolas, Vianden (Luxembourg)
Choral sur le "Victimæ Paschali", Charles TOURNEMIRE (1870-1939)
Cathédrales (Pièces de fantaisie, suite n°4), Louis VIERNE (1870-1937)
Fugue sur le carillon des heures de la Cathédrale de Soissons, Maurice DURUFLÉ (1902-1986)
Adagio de la Symphonie n°3, Louis VIERNE (1870-1937)
Final improvisé dans le style de Vierne, Jean-Luc THELLIN

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Et finalement t'as pas vu la Cantatrice chauve..:( De toute façon la version de Dez était surment meilleure!! ahaha Il neige encore à Québec, on annoncait aux nouvelles que les vols de partout étaient retardés. J'espère qu'il n'y aura pas de tempète le jour de ton arrivée!! Gros bisoux

SoBe a dit…

La Cantatrice chauve saveur "Dez" était effectivement excellente. Je me rappelle avoir ri, ri, ri! Mais ne crois pas que je ne verrai pas la représentation à La Huchette: je l'ai simplement reportée à la semaine qui vient, et plutôt que d'y aller seule, j'ai invité Marina à m'accompagner! Youppie!

Moi je me marre énormément quand je clique sur le raccourci internet "météomedia Québec"... puis je me rappelle que dans une semaine, je ne serai plus sous météo parisienne.... aaaaaaaahhhhh!