mardi 11 décembre 2007

Cigogne et Sauerkraut

J'adooore la Bretagne, c'est officiel. Mais... ouch! une autre région vient d'entrer dans mon cœur, à toute vitesse, et vraiment intensément. Je reviens d'Alsace, où j'ai passé trois jours.

Je suis partie à Strasbourg samedi midi, avec Jean-Patrick, un copain de Nantes rencontré sur internet il y a plus d'un an et demi. On s'était donné rendez-vous dans le train Paris-Strasbourg (scénario digne d'un film, non?). Tout a bien fonctionné, on s'est retrouvés sans souci, et on a passé un très agréable voyage à faire connaissance. On a beaucoup discuté du fait que ma présence au rendez-vous lui redonnait confiance en la gent féminine québécoise (lors de son séjour au Québec cet été, les deux filles qui devaient héberger J-P et son copain ne se sont jamais pointées, laissant les deux français livrés à eux-mêmes en terre étrangère... trop bien! [D'où, d'ailleurs, la présence d'un trop marrant tatoo sur le torse de J-P: une femme à demi-démon sous laquelle on peut lire "Je me souviens"!]). Bref, nous nous sommes rendus à Strasbourg.

Là-bas, Pierre, rencontré grâce à CouchSurfing, nous a récupérés à la gare. Et c'est le début d'un superbe week-end. Directement en sortant de la gare, nous sommes allés prendre le pouls de la ville en visitant le marché de Noël. Nous avons traversé la foule humaine (fichtrement dense) qui peuplait ledit marché, sans trop prendre le temps de s'arrêter parce que franchement, cette animation rendrait n'importe qui agoraphobe... Et nous avons atterrit devant la Cathédrale Notre-Dame-de-Strasbourg. Et franchement, sa cousine parisienne a mangé une solide claque: que WOW! Je n'ai jamais vu d'endroit pareil. Faite de grès rose, imposante, impressionnante, tout en flèches et en couleurs, elle est magnifique. Son orgue, que je n'ai jamais réussi à photographier de façon satisfaisante, est perché tel un nid d'hirondelle au-dessus de la nef centrale. On dirait un instrument de Noël, vert et or. Finalement, à droite au fond de la cathédrale se trouve une horloge astronomique impressionnante qui date du 16e siècle. Lorsque ses automates se mettent en marche, c'est terriblement impressionnant. J'ai adoré cet endroit.

Nous avons ensuite marché vers le "village québécois" du marché de Noël. En effet, cette année, ce sont les Québécois qui sont les invités d'honneur du marché de Strasbourg. Nous avons déambulé entre les stands de sirop d'érable, de biscuits feuille d'érable, de bouteilles de "Fin du monde", de "maudite" et de "Caribou" (la boisson du Carnaval!). C'était génial. J'adore entendre l'accent québécois se mêler à celui des Français.

De plus, parlant d'accent, ce qui est génial à Strasbourg c'est que la ville est frontalière avec l'Allemagne, et a longtemps appartenu aux Allemands avant de devenir française. De ce fait, la moitié des habitants parle allemand! Moi qui n'avait plus entendu cette si belle langue depuis mon voyage en Allemagne en mai 2006, j'étais au paradis (ou pas loin!).

Après le marché, nous sommes rentrés chez Pierre où nous avons rencontré deux de ses colocataires, un Français et un Allemand. Sa copine, Élisa, est arrivée plus tard, et nous étions réunis alors en une superbe compagnie: deux Allemands (Élisa et Robin), trois Français (Pierre, J-P et François), et une Québécoise. Le souper était extrêmement chaleureux, tous les six dans la mignonne cuisine de la maison qu'ils partagent. À ma demande, on a mangé des flammekueches (crème fraîche, fromage blanc, oignons, lardons et champignons sur une mince pâte à pizza, le tout cuit une dizaine de minutes au four). On en a mangé... 8!! Et une carotte pour dessert. Le tout accompagné de bière de Noël, des bières aux épices. Un délice!

En soirée, il y avait une fête organisée chez des copains de classe des trois colocs masculins, un truc terriblement bien organisé chez des gens trop sympathiques. Et ça parlait allemand PARTOUT (pour le bonheur de mes oreilles trop longtemps privées de cette langue). En fait, dans l'école où étudie tout ce beau monde, les cours sont donnés en trois langues (allemand, anglais et français), et de nombreux Allemands traversent la frontière (c'est si facile pour les membres de l'Union Européenne! Moi aussi je veux être Européenne!) pour venir étudier à Strasbourg.

Résumé rapido de la fin de la soirée: on sort prendre le bus de nuit. On se trompe d'heure, on attend très longtemps. On se trompe d'arrêt, le bus nous passe sous le nez (malgré une course effrénée et les grandes gesticulations d'une Élisa plantée au centre de la rue). La pluie tombe, légère mais agaçante. Le prochain bus est dans une heure... on appelle un taxi, puis on décide de laisser tomber et d'attendre le bus, mais on se dit que c'est trop long, et on rappelle le taxi qui ne nous trouve vraiment pas branchés (au sens québécois du terme). Et on rentre à la maison. Et on se couche à 4h du mat...

... pour se réveiller quelque part entre 11h30 et 14h le lendemain.

Et on est partis (Pierre, J-P, Élisa et moi) passer l'après-midi à Riquewihr, une superbe petite ville trop typique au sud de Strasbourg. Il a plu... beaucoup... mais pas trop longtemps. Assez pour qu'on soit mouillés solide, mais ça a vite cessé pour nous permettre de parcourir avec délice les petites rues de cet endroit féérique. Je ne peux malheureusement pas vous faire part de mes achats-découverte (parce que certaines personnes sauraient ce que je leur rapporte comme cadeau-souvenir et c'est triste de gâcher la surprise) mais je vous jure que l'Alsace, c'est un bout de pays incroyable pour les papilles. Que de bonnes choses à boire et manger! De bonnes odeurs, des formes et des couleurs attirantes à chaque pas, des lumières de Noël qui décorent avec goût des maisons à colombages qui sont déjà superbes en elles-mêmes, des petites rues pavées, des gens que l'esprit des fêtes rend chaleureux, riants, généreux... C'est ce que Noël se doit d'être. Une fête. L'idée de course aux cadeaux était présente, bien sûr, mais le tout se faisait dans une ambiance de convivialité chaude qu'on ne retrouve plus dans tout le côté mercantile-froid des centres d'achats.


Au retour vers la voiture, dégustant une soupe à l'oignon chaude (enfin du salé dans ce monde de sucre!), les nuages s'étaient dispersés et le temps s'était rafraîchi considérablement. Mais levant les yeux au ciel, c'était pour moi un plaisir immense de voir toutes ces étoiles qui ne brillent jamais au-dessus de Paris.

À la maison, un souper était en train de prendre forme: une Sauerkraut cuisinée par un autre copain, et quelques invités pour la manger. Nous étions une dizaine autour de la table pour faire honneur à une délicieuse Kartoffelmus (purée de pomme de terre), de solidement consistances saucisses de... caribou? wapiti? je ne sais plus mais c'était bon, et évidemment, ladite choucroute, tellement typique, tellement bonne! Et la carotte pour dessert. Le tout servi avec un excellent vin blanc d'Alsace.

Après le repas, alors que tout le monde reprenait ses occupations, Jean-Patrick, Pierre et moi sommes partis pour la Luciole, un convivial petit bar où nous avons dégusté une délicieuse bière de Noël épices-orange, puis un autre petit verre de bière blonde. L'Alsace, à mi-chemin entre la France et l'Allemagne, est vraiment championne pour les vins et les bières!

Lundi, déjeuner tranquille en discutant des bestioles qui peuplent le Québec et que la France ne connaît pas (drôles les histoires de J-P et des mouffettes!), d'un ancien monstre dévoreur d'êtres humain en France, et d'une drôle de chèvre des montagnes dont les pattes inégale la forcent à se tenir à flanc de montagne, toujours du même côté... louche!

Jean-Patrick et moi sommes ensuite retournés au marché de Noël qui était alors beaucoup plus accessible que l'avant-veille (un samedi soir de beau temps vs un lundi midi pluvieux...!) et nous avons finalisé nos achats de Noël en nous gavant de tout ce qu'on trouvait de sucré autour de nous. Trop miam! (Et merci J-P pour les toupies!!!)

Et finalement, retour chez Pierre, adieux à tout le monde, on prend nos bagages et on file à la gare. Voyage en train super agréable malgré la bruyante famille d'à-côté (mais pourquoi il hurle tout le temps, le gamin!?!!), arrivée à Paris, adieux à J-P à la gare, et retour chez moi.


Mais quelle excellente fin de semaine!! Merci à tous ceux qui ont contribué à en faire un moment magique! Je ne pouvais rêver mieux pour mon dernier petit voyage-découverte de la France, c'était extra!

Et là... je commence à avoir franchement hâte à Noël, moi!

4 commentaires:

Anonyme a dit…

l'ambiance à l'air d'être vraiment chouette, et la pancarte du lutin est vraiment cool! J'en veux une dans ma chambre. En plus, le gars de gauche sur la photo a vraiment des beaux yeux:) hihi

SoBe a dit…

Mais mais mais c'est pas "un lutin"!! C'est le PÈRE NOËL, JoBe!!!!

Adorable nouille que tu es... comme ta petite sœur avec sa "touréfelle"... tu as vu? Hihi!

BECS!

Anonyme a dit…

Ben vu en petit ça l'air d'un lutin...mais en gros on voit mieux les détails de la barbe hihi est-ce qu'on peut effacer les messages qu'on a déja postés? J'croyais que c'était un lutin. BON. J'suis gênée en ce moment...on va mettre ça sur le dos de la fatigue!

Anonyme a dit…

Mon dieu, pauvre J-P. Cet homme, il a du être vraiment éprouvé par la gente féminine du Québec, pour se faire tatouer (un vrai vrai tattoo ???) une petite démone québécoise. Bravo Sophie, belle mission. Tu sauves notre honneur.
Elle a raison ta petite soeur, c'est vrai qu'il ressemble à un lutin le petit bonhomme sur la pancarte. Il est tout maigre.

Lydia XXX La deuxième de famille qui a du supporter elle aussi une grande soeur qui voulait toujours avoir raison.