Je viens de publier un album photo de mon séjour en Broceliande, à Paimpont. Je me suis dit qu'il était logique que j'en profite pour vous résumer la chose!
Samedi PM, je suis arrivée en train à Rennes, puis en bus à Paimpont. Régis, rencontré grâce à Couch Surfing, m'attendait pour me conduire dans son chez-lui: un chalet en bois à l'orée de la forêt magique de Broceliande. Pour me loger, il m'a proposé la yourte (une vraie, importée de Mongolie!) qui trône sur le terrain. Cool! Dedans, bougies, encens, poêle à bois, et beaucoup de couvertures parce que le matin, quand le poêle est éteint depuis belle lurette, il fait froid. Heureusement que le chat, qui entre et sort à sa guise par les trous des murs, est venu se coucher à mes côtés pour me réchauffer!
Être là, ça m'a fait un bien fou. J'étais tendue en arrivant à Rennes, mal de cou, énervée au sens négatif du terme par des types qui me dévisageaient au resto, et par un autre qui m'a ouvertement draguée à la gare de bus (et j'ai eu toutes les peines du monde à lui faire comprendre que je NE SUIS PAS LIBRE, bordel!!!), etc. Chez Régis, j'ai vraiment eu une cure campagne-air pur-sérénité. Réflexion stimulée, mode de vie calme et doux, les odeurs et les bruits de la forêt me rappelaient ma campagne natale, j'étais psychologiquement extrêmement bien.
Régis, amoureux des arbres, m'a permis de rencontrer ses amours.
Le hêtre de Ponthus m'a aussi subjuguée. Et c'est en tentant de le photographier sous son meilleur angle que j'ai entr'aperçu un lutin. Oh, presque rien! Un éclair fugitif du coin de l'oeil, un léger bruissement de feuilles. Le lutin devait s'inquiéter de ce que je faisais près de l'arbre vénérable, et celui-ci l'a rassuré sur mes intentions. Je n'ai pas revu le lutin, mais j'ai senti sa présence tout au long de ma balade. Des bruits de feuilles et d'eau qui me suivaient à la trace.
J'ai fait attention de ne pas abîmer la forêt.
Au terme de ma balade, j'ai vu la fontaine de Barenton. Le lieu était en réaménagement, dommage. Et il y avait trop de touristes. Ça a dégoûté mon lutin, je crois, parce que je ne l'ai plus entendu.
Régis est un excellent cuisinier végé-bio. J'ai bien mangé. Il est très nature, l'eau qu'il boit provient d'une source à quelques kilomètres, il va faire le plein à toutes les semaines. Chez lui, il y a des toilettes sèches. Par contraste, il a l'électricité, l'eau courante, le téléphone et internet. C'est un drôle de mélange de nature, de moderne et de mysticisme. Régis est comédien-conteur. Il raconte de belles histoires.
Dimanche PM, j'ai marché jusqu'au village de Tréhorenteuc. Superbe balade à travers champs, petite route déserte, village mignon et forêt magique. Deux heures de bonheur naturel. Si l'arbre d'or brille, le Miroir au fées scintille de milles feux. La réflection sur l'eau est si parfaite, c'est ahurissant. Je me sentais dans un lieu enchanté.
Et j'y ai vu un korrigan. Pas de fées, par contre... J'ai marché avec tous les autres touristes qui, étonnamment, ne me dérangeaient pas. Il y avait beaucoup de familles avec de jeunes enfants, c'était une belle ambiance. J'ai regagné ma yourte au coucher du soleil.
J'étais dans ma yourte, dans la nuit, et le poêle chauffait si fort que j'ai ouvert la porte pour rafraîchir l'intérieur. Dehors, le ciel pur, loin de toute pollution lumineuse, était constellé d'un million d'étoiles, toutes plus belles les unes que les autres. Aussi belles que chez moi. Je suis restée dehors, en boxers et t-shirt, pour les contempler un moment.
Je suis repartie lundi midi, train jusqu'à Lamballe, autre partie de mon incroyable voyage que je raconterai dans un prochain message. Au moment de quitter Paimpont, le ciel était d'un beau bleu pâle, pur. L'air, frais et vif.
J'ai ressenti une nostalgie assez forte à Paimpont. Je ne sais pas si c'est parce que la forêt, les couleurs et les odeurs me rappelaient le Québec, ou si c'est parce que j'étais si loin de la civilisation, si isolée, que j'avais trop de temps pour réfléchir et être nostalgique pour tout et rien. Et j'éprouvais aussi une sorte de regret nostalgique à la pensée de quitter cet endroit magique.
Je voulais que la Bretagne m'offre un dépaysement total. Je voulais fuir Paris. Ça ne pouvait pas être plus radical, et plus efficace! Ces quelques jours en forêt auront été incroyablement riches en émotions et en réflexion. Un moment de paix intérieure. J'étais bien.

2 commentaires:
C'est trop irréel comme endroit, magique, envoûtant...et cet hêtre, vraiment trop impressionnant. Au diable les types qui te dévisagent, la vie est belle au fin fond de la forêt en Bretagne!
la foret de brocéliande elle est trop belle. Si l'envie te vient de partir une fin de semaine n'hésite pas à me tel pour me dire. Je serai ravie de partager un ptit week end kelke part en france avec toi (et pkoi pas elise encore).
bisous
marie
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