dimanche 11 novembre 2007

apparté - an Ankoù

J'ai oublié de le préciser dans mon descriptif de voyage, et je me suis dit qu'un personnage aussi important méritait un message à lui seul.

L'
Ankou.


[Maman je pensais tellement à toi!]
Ceux qui ont suivi religieusement les aventures de Spirou et Fantasio (et Spip!) se souviennent de ce sinistre personnage que rencontrent nos héros dans leur aventure en Bretagne. Fâché par l'implantation d'une Centrale nucléaire sur ses terres, l'Ankou se révèlera finalement sympathique puisqu'il épargnera la vie des aventuriers qui feront fermer la Centrale...


Alors voilà: au terme de ma promenade avec Agnès mercredi dernier, nous sommes arrivées dans un jardin de sculptures, et l'une d'entre elles m'a donné froid dans le dos.

L'Ankou.

J'ai été étonnée de lire ce nom. Je croyais que ce n'était qu'une fabulation de l'esprit de Fournier. Non! La France détruit peut-être mes mythes Astérix, mais confirme en échange ceux de Spirou! Agnès m'a expliqué que c'est réellement une importante légende de Bretagne, et qu'il est dit qu'une personne qui voit l'Ankou, la mort personnifiée, mourra dans l'année. "Quand tu vois l'Ankou, t'es mal!", m'a confirmé Joseph.

Moi, avide d'informations supplémentaires, je fonce sur internet où je lis des trucs épouvantables.

Voici la légende de l'Ankou.

On dit de l'Ankou qu'il est l'ouvrier de la mort, son serviteur, ou sa représentation. Dans une paroisse, c'est le dernier mourant de l'an qui devient l'Ankou pour l'année suivante. L'Ankou est donc clément ou terrible, selon le nombre de décès dans l'année. Si ce nombre est élevé, les Bretons diront de l'Ankou en fonction "War ma fé, heman zo eun Anko drouk." (Sur ma foi, celui-ci est un Ankou méchant.)

On peut représenter l'Ankou de deux façons différentes. Fournier, dans Spirou, choisit la première, celle d'un homme très grand et très maigre, les cheveux longs et blancs, la figure ombragée d'un large feutre. La sculpture que j'ai vue, elle, le dépeint plutôt sous la forme d'un squelette drapé d'un linceul. On dit que sous cette forme, sa tête vire sans cesse au haut de la colonne vertébrale, ainsi qu'une girouette autour de sa tige de fer, afin qu'il puisse embrasser d'un seul coup d'oeil toute la région qu'il a mission de parcourir.

Dans les deux cas, il tient à la main une faux, différente des faux ordinaires que la Mort possède généralement dans nos représentations: la sienne a le tranchant tourné en dehors. L'Ankou ne fauche pas ses victimes, il les frappe de sa faux.

L'Ankou se déplace debout dans sa karrik, une charrette comme celles dans lesquelles ont transportait autrefois les morts, et traînée par deux chevaux attelés en flèche. Celui de devant est maigre, efflanqué, se tient à peine sur ses jambes. Celui qui le suit est gras et a le poil luisant. La charrette, au début de l'an, est remplie de pierres lourdes qui la font grincer lorsque l'Ankou se déplace. Au fur et à mesure qu'il accomplit sa sombre besogne, il déverse son chargement afin de se lester plutôt du poids des défunts. En entendant le fracas des pierrailles, ceux qui veillent le moribond savent que l'Ankou est là pour cueillir sa nouvelle victime, qui rend l'âme à l'instant.

L'Ankou est escorté de deux compagnons, qui tous deux cheminent à pied. L'un conduit par la bride le cheval de tête. L'autre a pour fonction d'ouvrir des barrières des champs ou des cours et les portes des maisons. C'est lui aussi qui empile dans la charrette les morts que l'Ankou a fauchés.

Dans certaines légendes, ont dit que l’Ankou tue sans faucher réellement, que le simple fait de l’approcher, de l’entendre passer ou à plus forte raison d’échanger des paroles avec lui suffisent à causer la mort dans l'année de la personne en question ou de l’un de ses proches. Parfois, il aide les vivants, les avertissant à l'avance de leur proche trépas afin qu'ils mettent en ordre leurs effets avant de mourir.

Sculpté dans la pierre des ossuaires, l'Ankou rappelle aux vivants de craindre la mort: "La mort, le jugement, l'enfer froid, quand l'homme y songe, il doit trembler."

Les Bretons nomment la nuit de Noël la "nuit des Merveilles". Au cours de cette nuit, durant la messe de minuit, l'Ankou a l'habitude de frôler de sa cape tous ceux qui ne passeront pas l'année.

Cool, non? NON!! J'en ai des frissons partout!

2 commentaires:

Anonyme a dit…

En effet!
Avant que toutes ces horreurs légendaires me fassent trop "shaker" pour manier le ô combien moderne outil qu'est le clavier d'ordinateur, je prend le temps de rajouter un élément au "glauque musée" que tu viens d'évoquer.


Le mythe du cycle de la guerre de Troie se solde par un condensé d'horreurs, toutes plus macabres les unes que les autres.
N.B. Les meurtres d'enfant sont plus que fréquents... Vive les grecs!

Le truc dont je veux vous parler est le suivant :
le fils d'Achille, Néoptolème, après être entré à l'intérieur des murs de Troie grâce au fameux piège du mouton géant (ou était-ce un cheval? :-P) va tuer le roi Priam (dont le fils, Paris (un des responsables de cette guerre!), avait d'ailleurs tué le Achille ci-haut mentionné).
Le dit Priam était déjà plus ou moins vétuste, car, après la mort (également affreuse) de son fils Hector, il est tombé dans un genre de "délire comateux". Donc, rien de plus facile que de tuer ce roi devenu infirme!
L'horreur prend place dans le choix de l'arme utilisée par Néoptolème pour tuer Priam. Pensez à l'arme la plus horriblement fouloque qui existe?..................................

Vous ne devinerex JAMAIS!
La dite arme choisie pour tuer Priam n'était rien de moins que le cadavre encore chaud du petit-fils (âgé d'un an ou deux) de ce dernier...
Le bébé a été utilisé à titre de massue...
Aucun sens!
Moi, ça me fait penser, par métaphore, à la situation actuelle au Darfour.

Pour les "curieux", une image (une peinture sur un vase antique représantant cette scène mythologique ; scène d'ailleurs très peu représentée... on comprend pourquoi) vaut mille mots : http://fr.wikipedia.org/wiki/Image:Amphora_death_Priam_Louvre_F222.jpg


Au moins, c'est toujours bien de se souvenir que pour toutes les horreurs (réelles ou non) du monde, nous avons toutes les beautés!
Un exemple? : l'amour.

Parlant d'amour :

Je t'aime Sophie! (Malgré tes louches légendes! ;-P)

Tom
xxx

SoBe a dit…

Et je t'aime Thomas, malgré tes mythes horribles.

Ne m'en reparle jamais plus, ok?

Quelle bestialité... beurk!